Un incendie désastreux

Mercredi, le 8 février 1961


Il était un peu passé 6h45 en ce mercredi soir, nous revenions de la patinoire du Parc St-Mathieu. Bien que nous entendions des sirènes, chose tout à fait normale pour nous puisqu'en hiver il y avait beaucoup de feux de cheminée, que pour nous d'entendre le son des sirènes était anodin sans plus.

La Thibault du 9


Nous venions d'entreprendre la montée de l'avenue Cartier que nous entendions clairement la sirène distinctive de la pompe Thibault du numéro 9 qui virait et descendait sur notre rue. Le son de cette sirène était vraiment particulier et puissant. Assez que lors des soirées chaudes de l'été, le temps pesant si prêtant, faisait en sorte que lors des courses du numéro 9, nous pouvions suivre le déplacement de la Thibault jusque dans la paroisse St-Sacrement qui se situe à bonne distance de l'avenue Cartier.

Le capitaine Genest

Soudainement, la pompe du 9 ralentit à notre hauteur et nous vîmes le capitaine Genest qui se tenait debout dans l'habitacle, nous criait qu'il y avait un gros feu dans le centre industriel, tout en nous pointant la direction du feu. La pompe reprit son élan et la sirène son rugissement, poursuivant ainsi sa course vers le brasier. Sans faire ni un ni deux, nous prîmes nos jambes à notre cou et courûmes vers la courbe de la côte Sherbrooke afin de voir si nous pouvions apercevoir le feu.

Vision terrifiante

Une immense lueur rouge nous faisait pressentir ce que nous verrions dans les secondes suivantes. Une scène terrifiante s'offrait à nos yeux, accompagnée des sirènes des camions de pompiers, des voitures de police et des ambulances. Le tout n'avait rien pour abaisser le taux d'adrénaline.

Nous sommes repartis à la course pour avertir notre mère de cet immense feu. Il fallait maintenant se trouver un lift pour aller au feu. Le père d'un de mes amis accepta de nous descendre, de nous accompagner sur les lieux et de nous ramener. Une fois sur place, un spectacle impressionnant se déroulait devant nous ainsi qu'à l'immense foule attirée, soit par la nouvelle de l'incendie et d'autres par le son des sirènes qui rugissaient depuis un bon bout de temps. Nous sommes grimpés sur les bancs de neige pour avoir une meilleure vision du brasier. Des centaines de pieds de boyaux s'entremêlaient pour aboutir aux jets d'eau que tenaient les pompiers soit dans les jets déluges au sommet des échelles aériennes.

Il y avait toujours la commotion, suite à l'écroulement de la façade de briques, qui régnait sur les spectateurs. Nous y entendions le murmure des gens toujours sous le choc de ce qui s'était produit. Les pompiers travaillaient avec ardeur afin de venir à bout du brasier. Le nombre impressionnant de camions de pompiers sur place était le propre de tout incendie majeur à l'époque.

Nous sommes restés environ une heure à une heure et demi sur place et  nous sommes montés chez-nous avec les images de ce gros incendie, l'un des plus spectaculaire que nous avions vu.

Plus tard, nous avons appris de notre père, chauffeur de la pompe du numéro 8, qu'Il  s'apprêtait à monter sur le petit toit, lorsqu'il entendit le terrible bruit du mur qui s'effondrait et où certain de ses confrères furent blessés.

Photo montrant la pompe du numéro 1 qui à l'origine était celle du numéro 9


Je vous propose la lecture de l'article suivant du Soleil :
http://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3292468?docpos=2

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