Pratique de stabilisation de véhicule et désincarcération

Plusieurs facteurs peuvent influencer la façon d’intervenir en cas d’accident de la route : le lieu, le moment de la journée, le nombre de véhicules impliqués, le nombre de victimes et aussi, le type de véhicule(s) impliqué(s). Tous ces facteurs sont d’une importance capitale, et dès la réception de l’appel, les secouristes doivent immédiatement et mentalement commencer à intervenir.

En route, et en se basant sur les détails qu’ils ont en leur possession, ils doivent prévoir les outils dont ils auront besoin, le nombre de pompiers et premiers-répondants, la stratégie d’intervention etc. Parce qu’en cas d’accident, le but premier est d’évacuer la, ou les victimes le plus rapidement possible. Chaque minute compte, et joue un rôle primordial sur les chances de survie des accidentés.

C’est pourquoi à quelques reprises pendant une année, les services d'incendie procèdent à des pratiques ou des simulations complètes, avec les policiers et paramédics afin de coordonner les interventions. Ce dimanche 24 novembre 2019, ce sont les pompiers de Ste-Catherine-de-la-Jacques-Cartier, dans le Compté de Portneuf, qui tenaient ce genre d’exercice.


Pour l’occasion,  trois scénarios avaient été élaborés par le Chef aux opérations Kevan Beaumont et son équipe. Le premier consistait à mettre en pratique une stabilisation, avec voiture sur le côté. Le second, à une autre stabilisation, avec cette fois, une voiture sur le toit et finalement, le scénario le plus réaliste, une décarcération complète avec une personne à bord du véhicule.

Alors que les véhicules d’urgence sont en route, le chef aux opérations revoit rapidement avec les membres de son équipe qui fera quoi une fois sur place. Ceci permet de prendre position immédiatement et d’entreprendre les opérations de décarcération le plus rapidement possible.  Sur la scène, les véhicules se placent aux endroits requis. De cette façon, tous les intervenants sont au courant où chaque outil se situe, par rapport au véhicule impliqué dans l’accident.
La stabilisation d’un véhicule est l’une des étapes les plus importantes, puisqu’elle permet d’éviter que le véhicule glisse ou se renverse dans une autre position, ce qui pourrait causer des blessures supplémentaires à la victime, ou aux intervenants d’urgence. Divers instruments de travail sont employés lors d’une stabilisation : étaies, blocs de bois aux dimensions variées, « rescue jack » entre autres choses.

Pendant toute la durée de l’intervention, les premiers-répondants, qui sont généralement deux, ont aussi un rôle important, puisque l’un d’eux parle constamment avec la victime dans le but de la rassurer et lui expliquer en tout temps quels sont les bruits et les secousses ressenties pendant que les pompiers cisaillent ou coupent des parties de la voiture. Pour sa part, l’autre installe collier cervical, ou autres instruments afin de stabiliser aussi la victime.


Autre élément important à réaliser par les pompiers : couper toute alimentation électrique de la voiture. Ceci a pour conséquence d’éviter qu’une décharge électrique non désirée allume un incendie, ou dégrade la situation en aggravant les blessures de la personne incarcérée, ou d’un intervenant.

Dégarnir le véhicule, s’assurer que les vitres soient cassées de façon sécuritaire, couper les montants de portières dans le bon ordre … Ce sont des choses auxquelles les pompiers doivent penser en tout temps, et c’est en plein ce que les équipes de Ste-Catherine ont pratiqués cette fin de semaine.

Pour eux, comme pour tous les pompiers du Québec et même d’ailleurs, l’amélioration est primordial. Si hier ils ont pris 5 minutes pour évacuer une personne, aujourd’hui ils devront en prendre 4 :30 … Si hier ils ont utilisés un outil pour effectuer une tâche, ils doivent aujourd’hui évaluer si l’autre instrument  avait permis de gagner du temps. Si hier ça s’est bien déroulé, aujourd’hui ce doit être encore mieux.

C’est pourquoi avant chaque pratique un retour sur la dernière est fait. Ce retour consiste justement à évaluer une situation, à échanger entre les membres de l’équipe sur ce qui a accroché et à trouver une meilleure façon de procéder et à revoir l’ensemble des manœuvres réalisées pendant l’intervention. Si l’outil choisi ne s’est pas avéré être le meilleur dans les circonstances, dans la pratique suivante, un autre sera employé. C’est comme ça qu’il est possible pour des intervenants de toujours s’améliorer.

Une fois qu’ils ont réalisé la nouvelle pratique en tenant compte des échanges tenus, les intervenants sont en mesure de comparer les deux interventions, et de faire sortir les points faibles et les points forts de chacun des deux exercices. Ainsi, il est facile de faire un plan d’intervention qui sera efficace, rapide et sécuritaire pour tous et chacun lors du prochain accident.

C’est en plein ce qui s’est passé dimanche à Ste-Catherine-de-da-Jacques-Cartier. Malgré le fait que la situation n’était pas réelle, tous les intervenants ont pris leurs rôles au sérieux. Tout était bien structuré, afin que justement,  une évaluation correcte de la pratique soit faite. Les temps d’évacuation ont été respectés, la décarcération exécutée dans les règles de l’art et de façon professionnelle et des choses ont été révisées, d’autres apprises … C’est le but d’une parfaite pratique !!!


Celle-ci c’est terminé par un petit extra, puisqu’en effet, une fois les trois scénarios complétés, le véhicule a été incendié. Ce bonus aura permis de constaté que les flammes se propagent aussi rapidement dans une voiture que dans un immeuble. Mais le plus spectaculaire a été l’extinction : considérant que le véhicule était complètement embrasé, 45 secondes auront été nécessaires pour éteindre le tout.

Pierre Rochette, le 29 novembre 2019



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